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Je pense pouvoir dire sans grande prétention avoir franchi le niveau 2 de la parentalité, celui où tu n’as plus ni couches, ni biberons, ni tétines. Celui où tu serais tenté de croire que ça y est, tout ça c’est derrière toi. Quand tu vas à la maternité voir des nourrissons tu les trouves bien mignons c’est vrai, mais tout ça c’est fini, terminé, it’s over ! Tu te crois tiré d’affaires! Malheureuse tu n’as donc rien compris ! 

Jusqu’à maintenant tout était clair, limpide même: une alimentation saine, pas trop d’écrans, des couches homologuées, du prorhinel pour le rhume, des rituels pour le coucher… La parentalité évidente je dirais, celle qui fait appel à ton instinct et à tes grands principes éducatifs. Mais les enfants grandissants, certains principes ne sont plus viables et sont vite remplacés par d’autres. Les enfants évoluent, leur caractère se développe, leur mémoire aussi, leurs questions comme leurs réponses sont de plus en plus précises. Conséquence : moi aussi de mon côté je découvre, je compose, parfois je m'énerve mais le plus souvent je m'émerveille. Si avec de jeunes enfants l’anticipation peut être une qualité, il semble important avec les plus grands, de savoir composer rapidement, quitte à changer régulièrement de technique pour adopter la bonne, celle qui me convient et qui convient à l’enfant en face de moi. Car ce qui marche avec l’un ne marche pas forcément avec les autres. Il m’arrive d’interdire ou d’accepter des écarts pour l'un malgré les protestations des autres parce que je sens que cet enfant à ce moment a besoin de plus de souplesse, de sentir qu’il contrôle sa vie et que ses choix sont écoutés et surtout respectés. J'apprends à faire confiance, à leur faire confiance. Parfois ils sont mieux placés que moi pour savoir ce qui est bon pour eux. Tout l'équilibre ne repose pas sur moi et sur ce que je crois bon pour eux. Il arrive que se soit eux qui me montre la voie à suivre. C'est aussi ça l'apprentisage de la parentalité.

 Alors j’essaye de ne mettre aucun espoir particulier en eux, si ce n'est celui qu'ils soient heureux, J’impose et dispense les valeurs qui me paraissent importantes, voir essentielles pour certaines. Celles que je nomme non négociables. Mais je reste ouverte à ce qui leur paraîtra être le mieux. Je m’affranchis peu à peu de mes désirs pour eux, des rêves de maman que j'avais. Je deviens tout doucement l'accompagnant, celui qui devra les porter le plus loin possible, à la place qu’ils voudront occuper dans ce monde et pas à celle que je souhaite pour eux. J'apprends tout doucement à m'affranchir de ce que je souhaite pour mes enfants, leur laissant ainsi tout le champ des possibles.