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Je suis à ma place dans le métro de 06h55 ou celui de 7h14. Je suis à ma place à la réunion de 9h45 et à la sortie des classes de 11h45 le mercredi. Je suis à ma place dans le RER de 17h14 ou le suivant de 17h22. Je suis à ma place dans la salle d'attente du pédiatre et dans ce dîner orchestré par un chef étoilé. Je suis à ma place dans leurs chambres quand je leur lis à chacun une histoire et dans ce bar de quartier pour l'apéro du jeudi soir. Je suis à ma place dans cette conférence que j'organise et dans ma cuisine à préparer un hachis. Voilà. Je suis à ma place au boulot et à la maison, le paradoxe est parfois là. J'ai souvent le sentiment d'étre comme coupée en deux. Deux vies, deux envies, trop fortes pour être dissociées. L'impression d'être partout et nulle part à la fois. Et pourtant, je suis à ma place là où je suis, n'oubliant pas que c'est avant tout auprès des miens que je m'épanouis. Ce sont eux qui me poussent à entreprendre de nouvelles choses et à me renouveler sans cesse. Serais je plus heureuse à la maison, à m'occuper des enfants, à préparer les repas pour la semaine, à repriser les pantalons usés, à bercer, consoler, soigner des heures durant. Je ne sais pas, je ne cois pas . Alors je continue de faire le grand écart, de mettre un peu de moi dans toutes ces vies quotidiennes, mesurant ma chance de pouvoir tout faire.  

 

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