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Je ne sais plus pourquoi mais un soir j’ai pensé très fort à ma petite sœur, la dernière, celle qui a perdu sa mère l’année dernière et qui est ce que d’autres nomment méchamment une enfant de vieux, c’est vrai que notre père n’est plus tout jeune et il attaque l’éducation de sa troisième adolescente (bon courage…). Je pensais à tout ça parce que je l’imaginais attendant son premier enfant sans parents à ses côtés pour lui apporter un véritable soutien, sans mère pour raconter, expliquer, transmettre la naissance, sa naissance. Et j’ai alors repensé à ma première grossesse sans mère à mes côtés, cette grossesse, grande inconnue pleine de certitudes. La certitude d’accoucher 15 jours avant car c’était mon cas, certitude de finir en césarienne car petite et menue on m’avait inlassablement répété que « ça ne passerais pas », certitude d’aimer cet enfant à la seconde même où on le poserait sur moi car c’est bien ce qui se passe pour toutes les mères non ? Et les choses ne se sont pas du tout passées comme ça. J’ai accouché avec 6 jours de retard, sans césarienne et il m’a fallu quelques jours pour me « connecter » à mon bébé. Quelques années plus tard au détour d’une conversation j’ai appris la vérité sur ma naissance, déclenchée elle aussi, un déclenchement raté devenu césarienne. J’ai alors découvert le pouvoir de la transmission, l’importance de raconter encore et encore l’histoire de la naissance, à ses enfants, à ses amies, à celles qui attendent, à ces mamans que l’on connaît moins bien mais dont l’histoire nous rappelle la nôtre. Quand Laetitia a dépassé son terme je me suis dit qu’il fallait lui raconter mon histoire pour l’aider à accepter la sienne. Je suis heureuse de savoir que cette toute petite aide te soit devenue précieuse et que tu l’aies à ton tour transmise à une amie.  Cette transmission de mère en mère pour raconter qu’une grossesse ne dure pas toujours 9 mois, qu’un accouchement demande d’avoir confiance et de lâcher prise. Cette transmission qui se prolonge bien au-delà de la naissance. L’enfance sujet bien plus vaste et épineux que l’on partage avec des proches ou lors de rencontres furtives où quelques mots suffisent. Parce que je suis mère, je cherche à bien faire et là où j’ai pu être imparfaite, j’aimerais vraiment réussir avec eux. Si je n’ai plus de mère pour me montrer le chemin, j’ai bien des mères autour de moi à écouter, observer. De mères en mères, partager son savoir faire pour mieux faire et transmettre un peu de soi avec bienveillance.