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Il y a quelques temps un proche me demandait de répondre à une surprenante question: "aimes-tu tes enfants plus que ton mari?" Que répondre, que dire, je ne me suis moi même jamais posé cette question. Mais elle est restée dans un coin de ma tête, j'ai comme à mon habitude fait quelques recherches sur le sujet et je suis tombé sur un article qui parlait d'un autre article, celui de Ayelet Waldman, paru dans le New York Times. Cet article a créé une véritable polémique aux États Unis. "Si je devais perdre un enfant", expliquait-elle au “New York Times”, "je serais anéantie mais je peux entrevoir un après. Parce qu’il me resterait mon mari. Je suis en revanche incapable de me représenter l’existence après sa mort à lui. J'aime mon mari plus que mes enfants". Suite à la parution de l'article, les critiques sont violentes, la traitant de mauvaise mère, titre dont elle se servira pour son livre Bad Mother. A Chronicle of Maternal Crimes, Minor Calamities and Occasional Moments of Grace. Alors cette femme qui avoue aimer son mari plus que ses enfants est-elle une mauvaise mère pour autant?
Qu'en est il de cet amour, doit on aimer ses enfants plus que son conjoint? Dans ce cas, quelle place lui laissons nous ? Devons nous réellement choisir?
J'ai moi même été élevée par un mère qui après son divorce est restée centrée sur ses enfants et j'ai étouffé. Il y avait une charge bien trop lourde à porter, à cause de moi elle ne pouvait pas refaire sa vie et aimer à nouveau un autre homme. Cet amour maternel excessif m'a rendue malheureuse et je me suis longtemps senti coupable de cette situation.

Avec le recul et la naissance de mes propres enfants, j'ai compris que les enfants s'épanouissent auprès de parents heureux (qu'ils soient ensemble ou séparés) et qui en ayant du temps pour eux, pour leur couple, offrent un meilleur temps à leurs enfants. Ce n'est pas le temps que nous passons avec nos enfants qui est important, ce qui compte c'est de donner du temps de qualité et de donner à chacun l'attention qu'il mérite.

En y réflechissant, je pense qu'il n'y a pas lieu de quantifier, mesurer ou comparer l'amour qu'on porte à son compagnon et celui que l'on porte à ses enfants. Ces amours sont pour moi différents, complémentaires et évolutifs mais toujours liés l'un à l'autre. Comme un tout indissoluble il font parti de mon équilibre.
Une question est néammoins restée sans réponse: la limite de cet amour est-elle la même? Si une mère peut tout pardonner à ses enfants, une femme peut elle tout pardonner à son conjoint?