photo(7)

Plusieurs personnes me conseillaient ce livre que je me refusais à lire tellement j’en avais lu sur l’éducation, l’autorité, la punition et j'en passe. Tout ça pour comprendre qu'aucun de ces ouvrages n'allaient m'apporter la solution magique toute prête. Il n'y a en réalité pas de bonne technique éducative à privilégier, il y en a  plusieurs à moduler en fonction du parent, de l'enfant et de la situation familiale. Mais le chapitre sur la punition et la fessée a néanmoins attiré mon attention. Contrairement à d'autres professionnels, cette femme ne semblait ni pour ni contre, elle expliquait tout simplement l'importance de la punition dans notre société régie par  des lois et des règles et la fausse polémique autour de la fessée qui plongeait les parents dans le doute permanent du "bien faire, bien agir". « Il n'y a pas la fessée, il y a  une fessée particulière dans un contexte particulier entre un enfant et un adulte particulier, à un moment donné. On ne peut absolument pas la prôner comme méthode d'éducation, mais on ne peut pas non plus la diaboliser. "-

 A travers son livre, elle explique comment la mauvaise interprétation de Dolto a façonné toute une génération d’enfants rois. « On est dans une espèce d'errance entre une dérive de 68 et une mauvaise lecture de Françoise Dolto, ce qui donne des parents désemparés : si leur enfant est une personne à part entière, de quel droit lui imposeraient-ils ou lui interdiraient-ils quelque chose ? (...) Elle a posé que l’enfant était une personne à respecter, mais a affirmé aussi qu’il avait un besoin vital d’éducation. On l’a oublié et on vit dans la peur de casser, si on l’éduque, sa personnalité. Tout cela fait que les parents ne se sentent plus de légitimité." Elle finit à juste titre par préciser que pour l'enfant, «  un univers sans limites est la chose la plus angoissante du monde »

 Enfin elle aborde la fameuse question de l'autorité interprétée comme un obstacle au développement  et à la création en expliquant que "Respecter les lois de la société n’a jamais empêché personne de créer. En revanche, ne pas les respecter, cela ne donne pas des créateurs, mais des adolescents à la dérive. D’ailleurs, la création suppose du travail, et le travail suppose de renoncer au principe du plaisir immédiat." Elle explique aussi pourquoi le  père a naturellement plus d’autorité que la mère.

Au fond je pense que ce qui me plaît dans ce livre c'est que Claude Hamos refuse de donner des solutions  aux parents puisqu’elle considère les conseils comme destructeurs. A travers son ouvrage elle essaye d’expliquer aux parents, dans le langage le plus clair possible, des choses très complexes qui se passent dans la tête des enfants, des parents, et entre les enfants et les parents. Ses propos sont mesurés, souvent justes et offrent au lecteur le recul nécessaire pour comprendre et mieux faire face aux situations complexes. Et cette phrase que je garde en mémoire "L'absence d'éducation est une maltraitance, elle est aujourd’hui en France la maltraitance la plus problématique et la plus répandue"