Titouan, Margaux et Marius

06 juillet 2017

L'herbe verte

 

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Alors que j’attendais mon métro dans la chaleur étouffante de cette ville qui ne dort jamais, je me suis imaginée ailleurs, dans mille et un endroits mais surtout pas ici, sur mon banc de quai de gare à espérer que ce train n’arrive pas trop tard. Ça vous arrive à vous aussi ? Quand vous n’êtes pas tout à fait heureux là où vous êtes ou comblé de ce que vous avez, de rêver d'un ailleurs qui vous redonne un bout de bonheur ? Nous avons à cœur de vivre de grandes choses, de ne pas laisser mourir nos rêves d’enfants, de réaliser d’ambitieux projets. On lit des livres sur le bonheur et des articles sur comment réussir sa vie. On se dit tout simplement SI. SI je quittais Paris. Si j'étais riche. Si j'étais libre … Et puis le métro arrive et nous nous engouffrons dans le wagon comme happés par la réalité.
Mais l’herbe semble toujours plus verte ailleurs.
Et puis je regarde autour de moi, la vie est belle ici aussi, les plaisirs, les petits bonheurs, les grandes joies, les déceptions et les échecs aussi mais après tout ne font ils pas partie de la vie où qu’elle soit. L’herbe verte est aussi là, tout autour de nous, parfois les mauvaises pousses nous empêche de la voir et nous nous projetons ailleurs à la poursuite d'anciens rêves dans le va-et-vient d'une vie qui bouscule et qui parfois bascule. J'aimerais, je voudrais, je rêverais ... mais rarement j'ai . Oui parfois nous avons juste tant de chance d'avoir ce qui grandit la près de nous, ce que nous façonnons chaque jour, la vie que nous créons et qui pousse, qui passe à toute vitesse.  Et je reste assise sur mon banc dans la chaleur d'une ville que j'aimerais quitter, je pense à mes belles herbes vertes, je pense à celles qui ne repousseront jamais plus et puis souvent à celle qui germeront encore, nombreuses et vives, les promesses d'une vie bien remplie.  J'espère pouvoir et surtout savoir cultiver ce champ des possibles. 

 

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08 juin 2017

Lettre à mon premier fils

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Aujourd’hui, alors que tes 7 ans approchent, je te regarde changer, grandir. T’envoler parfois. Heureusement tes mains s’accrochent encore un peu. A moi, à ce qu’il reste de toi en moi, de ces 9 mois passés à t’attendre. Mon premier fils. Pour l’instant tu es encore bien blotti dans le nid que je te construis mais bientôt tu chausseras du 42 et tu ne m’embrasseras quasiment plus. Tu partiras conquérir le monde, affronter la vie, fier et maladroit, pris par l’ivresse d’une toute nouvelle liberté.  Alors je te regarde et je t’imagine courageux, fort et persévérant, doux et rêveur, charmeur aussi. Et je te souhaite d’être toujours gentil (mais pas bonne poire non plus) le monde manque cruellement de gentillesse, j’espère que tu sauras en donner un peu autour de toi. Je te souhaite amoureux, plusieurs fois, mais toujours respectueux et honnête, ne mens pas, sois courageux. Ne sois pas trop prudent (sauf en voiture hein !) les regrets sont parfois bien plus douloureux que les remords. Parcours le monde (mais reviens toujours près de moi…) observe, arrête-toi parfois, prends le temps de connaitre les personnes qui t’entourent. Accroche toi, ne renonces pas même si parfois je te dis que c’est impossible. N’aies pas peur de perdre. Essayes et recommence. Toujours. Et puis fais un peu ce que tu veux aussi... tes parents n'auront pas toujours raison (mais ça tu ne le sais pas encore...)

Je t’aime

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22 mai 2017

La charge mentale

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Penser à payer la cantine et le centre de loisirs
Penser à réserver le centre de loisirs pour cet été
Penser à acheter un tube de colle pour Titouan
Penser à le mettre dans sa trousse
Penser à commander les couches pour Marius
Penser à les mettre sous la poussette pour la nounou
Penser à racheter des légumes pour faire les prochains petits pots
Penser à mettre un nouveau change dans le sac de Marius
Penser à acheter le protège cahier rouge opaque 24x32 au lieu de 21x29,7 trop petit
Penser à réserver la baby Sitter pour mardi
Penser à racheter une bouteille de lait pour le petit déjeuner
Penser à prendre rendez-vous pour le certificat médical de Titouan
Penser à regarder si on est à jour dans les vaccins du petit dernier
Penser à remplir les dossiers d’inscriptions pour les écoles, activités, garderies
Penser à envoyer la fiche de salaire de la nounou
Penser à la tenue de sport du lundi et celle du mercredi, le doudou du jeudi et le cadeau d’anniversaire pour le copain du samedi
Penser que lundi c’est la photo de classe et qu’il faut 1 euros pour la vente de gâteau du mardi

Cette petite liste nous l’avons toutes. Elle vient silencieusement se rajouter aux tâches quotidiennes. Aux lessives, repas, devoirs, courses. On y pense dans le métro, dans une réunion ennuyeuse, en attendant les enfants à la grille, en préparant le repas, avant de s’endormir. L'écrire ne change rien, cela permet juste de concrétiser tout ce travail invisible, ces petites choses qui se superposent inconsciemment dans ma tête et que me laissent parfois K.O. Cet article sur la charge mentale qui a circulé il y a quelques semaines, a mis le doigt sur un phénomène silencieux, voir même inconnu. L’épuisement, le vrai, est là mais on ne s’en rend pas toujours compte et le lâcher prise que nous voulons avoir sur certaines tâches quotidiennes n’est pas toujours possible ici. Oui, oublier quelque chose dans cette liste ce n’est pas grave mais c’est néanmoins essentiel d’y penser. Là est tout le paradoxe.

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07 avril 2017

Ma petite cerise

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18 mois de cette petite personne et que la vie est douce à tes cotés mon enfant. Cascadeur et téméraire comme ta soeur, sensible et sauvage comme ton frère tu as pris un peu des deux, un peu de nous mais surtout beaucoup de toi, rendant ce curieux mélange magique et amusant. Et qu'est ce que tu nous fais rire mon petit tourbillon, mon ronchonchon au coeur d'artichaut, mon bébé tout rond, généreusement potelé de fossettes et de plis à bisous. Qu'est ce que j'aime te renifler et passer mes doigts dans tes cheveux si doux. Enfant unique pour la semaine tu as profité de leur absence pour accéder à leurs jouets interdits, des petits légos aux barbies tu as vadrouillé joyeusement de pièces en pièces remplissant ton chariot de trésors d'ordinaire interdits. J'aime te découvrir quand tu es seul, sans eux pour te guider. Alors c'est parfois le chat qui trinque, obligé malgré lui de participer à tes jeux, à tes découvertes. Et moi, cachée là derrière la porte, je t' observe, encore, toujours, je te vois apprendre de nouvelles choses, refaire nos gestes, prononcer nos paroles. Je te regarde pousser. Il est important de regarder pousser les bébés. C'est un spectacle court et merveilleux. Mon troisième enfant, mon deuxième fils, mon petit dernier.  

 

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24 mars 2017

Les jolis mercredis

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Le mercredi avec les enfants, c’est génial. Mais le mercredi avec les enfants, c’est l’horreur. Tel était mon constat l’année dernière après toute une année de mercredis seule avec trois enfants. J’ai même pensé abandonner, reprendre le boulot à temps plein tellement cette journée m’épuisait.

Pourquoi ? Parce que gérer, les courses, les activités sportives, les copains, les virées au parc même sous la pluie, avec un bébé de quelques mois sur les bras  c’est épuisant. D’autant plus quand on manque de sommeil car ce même bébé ne fait pas encore ses nuits, c’est éreintant. Il y avait deux temps forts qui rythmaient cette journée, le repas où les trois enfants en transe hypoglycémique à 12h05, heure d’arrivée à la maison après la matinée de classe, me tournaient autour avec insistance. J’avais encore mon manteau et les deux cartables sur le dos que je devais déjà me précipiter pour lancer un semblant de déjeuner. Le bébé encore dans sa poussette réclamait lui aussi dans les pleurs son repas. Repas qui se faisait généralement dans les cris.  Le deuxième temps fort était bien évidemment le BDC (Bain-Diner-Coucher), mais est-ce bien nécessaire de développer ce point ? Je ne crois pas … Enfin à ce combo s’ajoutait immanquablement le rangement géant du mercredi soir. Cette journée que j’avais idéalisée était devenue malgré moi ma pire journée de la semaine.  Alors en début d’année j’ai décidé de m’organiser différemment. Je laisse Marius chez sa nounou le mercredi. Il fait une petite journée, le matin il va à la gym avec d’autres bébés, l‘après-midi il fait sa sieste au calme, on arrive juste après pour le récupérer et on va au parc quand le temps le permet. Ce choix a radicalement changé nos mercredis, avoir seulement deux enfants change l’équilibre des forces, ça a été bénéfique pour tout le monde. Les grands sont très contents d’avoir maman pour eux tout seuls, j’organise des activités avec eux, on sort, on va chez les copains, on joue. Tout le monde y trouve son compte y compris moi, je n’ai plus le sentiment de devoir "sacrifier" un enfant pour m’occuper d’un autre. Et quand je récupère Marius les deux grands savent que je vais privilégier les temps avec lui uniquement. Il y a moins de stress et beaucoup moins de cris. Nous passons de belles journées ensemble. Cette année, je suis aussi mieux organisée et comme je suis toute seule le matin je prépare le déjeuner, je fais les courses, les lessives aussi, en arrivant il n’y a plus qu’à réchauffer le repas, je peux me consacrer à eux sans penser à ce qu’il me reste à faire dans cette journée marathon. Aujourd’hui nos mercredis sont devenus jolis et je ne laisserais pour rien au monde tomber cette journée. J’ai mis du temps et j’ai fait des choix pour que nous puissions tous, petits et grands trouver un peu de repos et de réconfort dans cette journée. Et vous ? Connaissez vous aussi cette ambivalence du mercredi ?

Cette photo date de mercredi dernier, quand je la vois je me dis qu’elle exprime parfaitement bien cette journée, un peu fatiguante certes mais mon mercredi était une fois de plus, bien joli.

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03 mars 2017

L'impression de déjà vu

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Après la douche alors que je le sèche, le couche, le lange et caresse sa peau épaisse et douce, je referme un à un les petites pressions d’un pyjama devenu trop petit et j’ai cette sensation, cette douce impression de déjà-vu. Ces petits boutons que j’ai manipulé tant de fois et ce petit trou au niveau du pied droit là où le tissu a cédé à force de petits pas pressés sur le parquet. J’ai parfois cette soudaine nostalgie de revoir ces petites choses pour la dernière fois. Il y a des souvenirs dans ces tissus, ceux d’une purée renversée, d’un sirop mal donné, d’une course dans un jardin l’été, chaque petite tache me rappelle ce temps où les enfants avaient encore un petit ventre rebondi d’avoir bu tant de lait. Quand je prends mon petit dans mes bras, je le respire, touche ses petits doigts potelés à souhait et profite de ces derniers instants où mon enfant est encore un bébé. Je ne souhaite pas arrêter le temps, je suis heureuse qu’il grandisse et qu’il devienne une personne à part entière mais j’ai ce petit pincement au cœur, cette petite boule au creux du ventre de savoir que c’est mon dernier bébé. Qu’après lui personne ne portera ce petit pyjama au pied troué, qu’il restera bien sagement au fond d’un tiroir à attendre que le temps passe et que je me lasse. Je le regarde, je me souviens, il y a 6 ans il y a 4 ans, il y a 2 jours ce temps où les enfants nous appartiennent encore, où leurs petits pas pressés viennent nous rejoindre et nous renverse. Quand je regarde ce simple tissu c'est toute une palette de souvenirs qui se bousculent, des émotions, des sensations et cette impression de déjà vu pour la dernière fois.    

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23 février 2017

Sortie de bureau

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Je regarde l'heure sur mon téléphone, 16h55 si je pars maintenant, en marchant très vite j'ai le RER de 17h01. 

17h01 RER supprimé, panne de signalisation sur les voies, j'ai chaud.
17h02 métro ligne 6, ligne 2, ligne 13.
17h40 je suis dehors, vite elle est où la nounou ? Au parc ? Chez elle ? Pourquoi elle ne répond pas ? Je prends à gauche direction le parc, je reçois un texto, elle est chez elle, demi tour !
17h45 je suis chez elle, je me bats avec un enfant qui refuse de mettre son manteau/son bonnet/monter dans la poussette. La ceinture bloque, je force, ça marche !
17h48 je suis dehors, il pleut.
17h49 je me bats avec la capote de pluie, ça coince, je force, ça marche !
17h53 je suis à l'école maternelle, Marius marche très lentement en montrant un à un les porte-manteaux du couloir, je vois Margaux, je lui fais signe, elle veut finir sa tour de kapla, je râle, Marius rentre dans la salle, détruit sa tour, elle pleure, il rigole, j'ai chaud, j'ai envie de crier, je me calme, Margaux finit par venir, elle met son manteau, bordel où est son sac à dos ?? on ne peut pas partir sans il y a le doudou dedans, il est à l'autre étage, je les laisse là, je monte quatre à quatre les escaliers, j'ai chaud, je redescends, Marius ne veut pas partir, il hurle, je le laisserais bien là, je le prends, on marche, on sort, j'attache la ceinture, ça coince, je force, ça marche !
18h00 j'entends la cloche de l'école primaire qui sonne
18h05 école primaire, j'ai 5 minutes de retard
18h10 j'attends toujours mon fils, il pleut,
18h12 Il est là, je m'agite pour qu'il me voit,  on y va, on court, j'ai chaud, je cherche la clé dans mon sac, je la trouve pas, je m'énerve, je me calme, je la trouve, j'ouvre, on est enfin à la maison ! 
18h30 le bain, le premier ne veut pas venir, l'autre met de l'eau partout, je cherche le troisième,
18h35 il y a des fringues partout, des serviettes trempées au sol, j'ai envie de tout jeter, je ramasse, je trie, je range, je sors un enfant je le sèche il s'habille, je sors un autre enfant il se sèche il s'habille, je sors le dernier je le sèche il se sauve, il ne veut pas mettre sa couche/son body/son pyjama, je suis une super méga championne de catch,
18h45 tout le monde est lavé,
18h46 le dîner brûle pendant qu'on fait les devoirs,
19h05 Marius mange,
19h15 j'entends "oh non pas des petits pois",
19h19 "A TAAAAAABLE"
19h20 "A TAAAAAABLE!!!!!!"
19h21 "AAAAAAAA TAAAAAAAAAAAABLE !!!!!"
19h22 Marius met les petits pois par terre .
19h40 je ramasse un à un les petits pois sous la table,
19h50 je lance une lessive,
20h00 Marius se couche,
20h05 je cherche mon téléphone,
20h06 je vais sur Instagram, je lis mes messages, je prends des nouvelles du monde,
20h25 les dents, l'histoire, 4 bisous, 2 câlins, 2 verres de lait,
20h40 il n'y a plus de piles dans la veilleuse,
20h42 je cherche le tournevis,
20h43 un monstre imaginaire est entré dans la chambre de Margaux, elle ne veut pas se coucher,
20h45 j'ai retrouvé le tournevis, j'enlève les piles des tut tut bolides pour les mettre dans la veilleuse.
20h47 les garçons dorment,
20h50 j'attrape le monstre imaginaire,
20h52 je reste un peu pour qu'elle s'endorme,
21h l'Homme rentre,
21h03 "oh non pas des petits pois"

Et chez vous? 

Si cela peut vous consoler, je suis dans le RER de 17h01 et c'est une chance de partir si tôt du bureau, mais rien de magique, vous me trouverez aussi le matin dans celui de 07h01. 

   

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21 février 2017

Ma WishList d'anniversaire

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Dormir plus, manger mieux, courir, nager, remonter à cheval, aller dîner au resto, boire des apéros les soirs d’été, danser, marcher sur le sable mouillé, voir la mer, ramasser les coquillages, écouter Julien Doré, perdre 2 kilos, lire, embrasser l'Homme, faire du vélo, chantonner, faire la sieste avec les enfants, aller au cinéma, skier en famille, boire du bon vin, laisser mes cheveux pousser, ceux de ma fille aussi, acheter des chaussures, prendre du recul et de la hauteur, lâcher prise, apprécier l’imprévu, m’indigner sans me résigner, continuer de rêver, d’être un peu dans la lune quand je m’ennuie sur terre.
Et puis surtout j’aimerais que mes enfants continuent de grandir à leur rythme et non pas à celui que l’on veut parfois leur imposer. Qu’ils continuent de pouvoir être ce qu’ils sont vraiment et pas ce que l’on voudrait qu’ils deviennent. Je suis parfois bien triste de voir que le monde range si facilement nos enfants dans des cases bien trop étroites pour leurs rêves. Je souhaite qu'ils apprennent à ne pas regarder les autres pour savoir sur quel pied danser, à ne pas comparer, à ne pas mesurer. A continuer d'être ce qu'ils sont vraiment. Eux et puis c'est tout. Et je souhaite qu’il en soit de même pour nous adultes.

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08 février 2017

Mon préféré

              

Tu sais, c’est toi mon préféré car tu es le premier, mon premier bébé. Celui qui m’a fait découvrir le plus beau de tous les miracles, celui de donner la vie, de mettre au monde un enfant. Tu es celui qui m’apprend, celui qui me fait découvrir, tu es celui de toutes les premières fois. Dans mon cœur j’ai tes premiers sourires, tes premiers repas, tes premiers pas, ton premier jour d’école. Toutes ces premières fois qui jalonnent ma vie de maman. C’est toi mon préféré parce que je te trouve intelligent, vif, exigeant et tendre.

C’est bien toi mon enfant préféré

C’est bien toi ma préférée, C’est toi parce que tu m’impressionnes, parce que tu es celle qui n’abandonne jamais, la fille aux genoux écorchés. J’admire ton entêtement, ton assurance et ta force. C’est toi parce que tu sais ce que tu veux, tu fonces tout droit tête baissée, toi tu ne renonces jamais. C’est toi parce que je me retrouve en toi. C’est toi ma préféré parce que tu es sensible, douce, généreuse et vive, que tu aimes le rose et les paillettes, le foot et les poupées. Tu es ma préférée parce que tu tombes, souvent, et tu te relèves seule, toujours. Tu es ma préféré parce que tu es ma seule fille, celle que je rêvais d’avoir.

C’est bien toi mon enfant préféré.

C’est vraiment toi mon préféré car tu es celui que je n’attendais pas. Tu es l’enfant de plus mais pas l’enfant de trop. Tu es mon préféré parce que je te regarde grandir différemment et que je me pose beaucoup de questions sur l’homme que tu seras. Tu es mon préféré parce que tu me fais rire, beaucoup. Tellement que j’ai du mal à t’éduquer correctement. Tu es mon préféré car tu es mon enfant le plus libre, celui qui peut être qui il veut.  Tu es mon préféré car tu seras toujours mon tout petit, mon dernier, mon bébé. Tu es mon préféré car l’odeur de ton cou me guérit de tout et que sans toi notre famille n’aurait pas la même saveur.

C’est bien toi mon enfant préféré.

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01 février 2017

l'enfant rêvé, l'enfant réel

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Quand j'attendais mon premier enfant j'aurais aimé que l'on me raconte que l'enfant fantasmé pendant neuf longs mois, le bébé parfait, le poupon, le bébé cadum des panneaux publicitaires n'arriverait jamais. Il y a des cours de préparation à l'accouchement mais il n'y a rien pour ce qu'il se passe après la naissance. Pour nous c'est la page blanche. Pourtant ce sont bien des cours de préparation à la vie de parents dont nous aurions parfois besoin. Savoir que l'enfant réel crie, pleure, ne dort pas sauf au sein ou dans les bras. Et que c'est normal. Qu'en grandissant l'enfant réel nous pousse dans nos limites les plus extrêmes, celles que nous ne pensions jamais franchir. Que l'éducation bienveillante si chère à nos yeux ne peut être constamment appliquée. Que la culpabilité nous ronge parfois et que l'on se pose mille questions sur leur éducation. Que les longues nuits sans sommeil sont bien plus difficiles que ce qu'on avait imaginé. Non pas parce qu'elles sont blanches mais parce que cela dure plus longtemps que ce que l'on avait pensé. Elles se comptent même en années pour certains. Oui, l'enfant réel est exigeant, impatient, insolent, colérique, hystérique, parfois angélique mais bien souvent épuisant pour nous simples parents débutants. Et nous ne sommes pas toujours prêt à l'affronter. Pourquoi personne ne nous dit que nous passerons des soirées à ramasser des grains de riz  écrasés sur le plancher, et des verres d'eau renversés sur les lits. Que nous changerons des pyjamas sales à 23h33 et des draps tachés avant même que le jour se lève. Que l'épuisement nous poussera parfois à crier, s'énerver et menacer tout ce petit monde. On nous cache tout on nous dit rien. On nous informe vraiment sur rien . C'est dommage. J'aurais bien eu besoin que l'on me raconte tout ça pour mon premier.  Mon enfant crash test. Il en a essuyé des plâtres celui là, l'enfant des illusions perdues qui a affronté mes jeunes années de mère inexpérimentée, mes maladresses, mes erreurs... Et tout cet amour aussi qu'il est le seul à avoir eu rien que pour lui. Mon premier tout petit, blotti bien à l'abri posé là sur ma poitrine, ton odeur, gravée pour toujours dans mon coeur.

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